DOSSIER : Sécurité

Lettre à M. RICART (10/02/05)

Date du document : 10 Février 2005

Monsieur Michel RICART
Président du SAN
5, place de l’arche Guédon

77200 TORCY

N/REF. AK/CM
Emerainville, le 10 février 2005


Monsieur le Président,


J’ai bien reçu votre courrier m’invitant à signer une lettre-pétition concernant les effectifs du commissariat de Noisiel.

Permettez-moi de m’étonner de cette « avalanche » de lettres que vous soumettez à la signature des Maires du Val Maubuée puisque cette lettre est la deuxième en moins d’un mois, la première concernant l’Hôpital de Lagny.

Je suis surpris de votre soudain intérêt pour les effectifs du commissariat de Noisiel, ce problème ne datant pas d’hier.

En effet, je vous rappelle que Madame Chantal BRUNEL, Député de la circonscription a été la première à attirer l’attention du Gouvernement sur la nécessité de mettre en adéquation les effectifs de police et l’explosion démographique que nous connaissons sur le secteur.

Interrogé par elle sur le sujet en mai 2004 à l’Assemblée Nationale, Monsieur Jean-François COPE lui a indiqué que les difficultés rencontrées par le commissariat de Noisiel étaient doubles puisque le local proprement dit, édifié en 1985 n’est prévu que pour 50 fonctionnaires alors qu’actuellement il en abrite 150. Le bail arrivant à terme en avril 2006, des études étaient menées pour programmer des recherches foncières afin de reloger ce commissariat conformément aux normes actuelles.

Permettez-moi, au passage, de m’étonner que les gouvernements qui se sont succédés jusqu’en 1995 n’aient pas anticipé ce problème qui était pourtant inévitable au sein d’une Ville Nouvelle en plein essor.

En ce qui concerne les effectifs proprement dits, le Commissariat de Noisiel a bénéficié en 2004 de l’arrivée de 13 policiers supplémentaires et de la répartition des jeunes gardiens de la paix sortant des écoles. Je pense qu’effectivement, ces effectifs sont insuffisants mais je considère que nous sommes en voie d’amélioration.

Je m’étonne donc que vous pensiez de bon aloi de vous manifester quand les choses commencent à s’améliorer ! Sans doute une volonté de « voler au secours de la victoire » ?

Enfin, j’ose croire que vous êtes conscient que le problème de la sécurité ne se limite pas au nombre des policiers, dans des locaux suffisamment vastes pour permettre leur accueil.


Au cours des dernières années, il ne vous a pas échappé que les chiffres de la délinquance étaient en baisse notable dans notre circonscription :

En 2003, les faits constatés avaient diminué de 4,3 %, ce qui place la criminalité sous la moyenne nationale. Le taux d’élucidation avait augmenté de 37 %, et cette baisse s’est poursuivie en 2004.
A l’échelon départemental, la Seine et Marne a enregistré en 2004 un recul important :
- 8.27 % de la délinquance de voie publique
-19.35 % des faits de cambriolages
-12.76 % des vols liés à l’automobile
-8.87 % des incendies de véhicules
Chiffres auxquels il faut ajouter une hausse de 13.73 % des faits élucidés.

Je pense que l’action du Gouvernement en matière de sécurité est exemplaire au regard de celle de ses prédécesseurs (vous ne vous souvenez sans doute pas que la délinquance avait progressé de 16% sous le gouvernement de Monsieur JOSPIN. Le nombre des crimes et délits dépassait 4 millions, soit 1 toutes les 4 secondes).

Conscient que l’on ne pouvait pas remédier à une situation de plus de 20 ans en se bornant à critiquer ceux qui tentent d’y faire face courageusement, à Emerainville nous avons décidé de créer une police municipale dès 1996 afin d’aider la police nationale dans ses missions.

En conséquence, et même si les choses ne sont pas parfaites (le seront-elles jamais ?), je ne signerai pas le courrier que vous m’avez adressé.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments distingués.


Le Maire,


Alain KELYOR