DOSSIER : Presse

Lettre à Liberation (10/01/06)

Date du document : 10 Janvier 2006

LIBERATION
Monsieur Marc PIVOIS
11, rue Béranger

75003 PARIS

Emerainville, le 10 JANVIER 2006

Monsieur,

Je vous remercie de votre courrier du 02 janvier 2006 (voir ci-dessous) et je vous prie d’accepter à votre tour, tous mes vœux pour cette nouvelle année.

A défaut de réponse de votre part, je pense que vous avez accepté mes mises au point sur
- Les procès avec le personnel
- Le « climat de terreur » que nous ferions peser sur Emerainville
- Mon pseudo refus d’autoriser la manifestation du 10 décembre 2005
- L’arrivée de directeurs de service à poigne
- Mon « invention du concept de décohabitation » (voir à ce sujet un article du parisien du 6 janvier dans lequel le Maire des Mureaux est encensé pour pratiquer la décohabitation)
- L’éloignement des logements que nous achetons pour reloger les femmes qui le souhaitent
- Le désenclavement du Clos d’Emery
- Le manque de candidat FN aux dernières cantonales
- La pseudo salle de prières à Emerainville et la représentation de la communauté africaine par Monsieur CAMARA Makan
- Le racisme de Monsieur DAURIAC

Que d’erreurs implicitement reconnues, mais qui pourtant ont été affirmées comme des vérités premières et communiquées dans toute la France !

Il n’est pas possible d’écrire un article sérieux sur une majorité municipale en regroupement simplement tous les tracts de son opposition, et sans connaître la réalité du terrain

Comment voulez vous dans ces conditions que votre journal ne perde pas une grande partie de ses lecteurs ?

Pour ce qui continue à nous diviser et sans vouloir m’étendre sur le désordre qui règne dans vos papiers, j’ai trouvé savoureux de lire sous la plume d’un journaliste que les mots n’ont qu’une importance relative et qu’il est possible d’exprimer rigoureusement la même idée avec des termes différents.

Je suis persuadé que notre Ministre de l’intérieur sera ravi d’apprendre qu’en définitive, le mot de « racaille » tellement décrié par la presse n’a qu’une importance relative et s’il avait parlé de délinquants, de bandits, de criminels, etc… l’idée eut été rigoureusement identique.

Pour ma part, je pense que la langue de Voltaire, de Molière, de Hugo, est suffisamment riche pour permettre un certain nombre de nuances qui ne sont jamais neutres.

La gauche française est du reste passée maître dans cet art et il me vient en mémoire deux termes qu’elle a utilisés pour décrire la même décision économique : les restrictions économiques appelées « austérité » lorsqu ‘elles sont décrétées par la droite et « rigueur » lorsqu’elles le sont par la gauche

Par contre lorsque vous écrivez « Kelyor (j’insiste mais la politesse aurait nécessité Monsieur KELYOR) s’emploie a remettre au pas les services communaux », et « les employés sont plutôt rétif à la nouvelle équipe » ces phrases n’ont vraiment aucun rapport avec ma réponse dans laquelle je vous indique que « la quasi totalité du personnel n’a pas ménagé ses efforts… »

« Rétif » est un adjectif qui correspond à « difficile à conduire, récalcitrant, indocile », ce qui est tout le contraire de ce que je vous ai affirmé.
En conséquence, il ne s’agit nullement d’une litote. A ce propos d’ailleurs que vous vous soyez cru obligé de me traduire en anglais avec la mention « désormais plus connue sous son appellation anglo-saxonne de … » le mot litote (que vous utilisez à mauvais escient) est un scandale.

Qu’un Français se croit obligé de traduire en Anglais, pour un autre Français, un mot de sa propre langue, me paraît le comble du snobisme !

Je vous saurais gré lors d’un prochain courrier de me traduire les noms qui vous semblent difficiles ou peu usités, en Montreuillois, en Russe, en Serbo-croate ou en araméen, langues que je pratique mieux

Enfin pour ce qui est de votre humour, je crains que vos lecteurs n’aient pu le savourer par manque d’élément sur la situation du 5 et plus

Je vous rappelle que le commerce est libre en France et un Maire ne peut s’opposer à l’ouverture d’un établissement quelconque sur sa commune, sauf si l’objet est illicite.

Dans le cas d’espèce, l’auberge que vous qualifiez de particulière et qui semble cependant choquer votre sensibilité, ne vous permet pas d’ignorer la loi et de plus, de faire croire à vos lecteurs que j’en suis le fondateur ou même l’un des associés.

Pour ce qui concerne les sociétés civiles immobilières, elles sont légales, et elles peuvent prendre une dénomination de fantaisie, comme par exemple l’anagramme du nom d’un des associés.

En quoi cela est-il répréhensible et en quoi cela intéresse-t-il les lecteurs ? sauf à créer un climat de suspicion dans la pensée de ceux qui ne sont pas habitué à ces avatars juridiques et qui décrèteront en final, « qu’il n’y a pas de fumée sans feu ». «Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » semble être une devise que s’est appropriée une certaine presse.

C’est en cela que les tracts de l’opposition municipale emerainvilloise et votre article (qui n’en est que la copie) sont pervers.

La tentative de diffamation est évidente.

A la lecture de votre réponse, je crains que votre expérience en droit des sociétés soit quasi nulle et je vais tenter de vous enseigner le « b-a, ba » de cette matière.

La SCI ROYLEK détenait comme seul patrimoine, un terrain adjacent au 5 et plus. Elle louait ce terrain à une entreprise de location de voitures.

Dès le départ de son locataire les associés de la SCI se sont trouvés devant trois possibilités :

1 - conserver les parts de la SCI et chercher un nouveau locataire
2 – faire vendre son terrain par la SCI puis la dissoudre, ou lui faire acquérir une nouvelle immobilisation.
3 - Vendre directement les parts de la SCI à une ou plusieurs autres entités (personne morale ou personne physique) pour que ces dernières deviennent propriétaires du terrain et conservent une société civile. Dans le cas d’espèces, j’ai cédé, avec ma famille, nos parts de la SCI à Monsieur PODEVYN et à la société 5 et +. Désormais ces cessionnaires sont propriétaires de la SCI, elle-même propriétaire du terrain.
Ces nouveaux associés ont par la suite, changé le nom et l’adresse de la SCI


Il s’agit d’un cas juridique classique qui se produit journellement.

Je suis naturellement à votre disposition, pour continuer mes cours de droit des sociétés si la matière vous intéresse et avec les différentes assemblées de la SCI pour confirmer mes écrits.

Je pourrais ainsi, à mon tour, parfaire votre éducation juridique et vous « déniaiser » dans cette matière fondamentale pour notre économie.

Espérant que vous saurez lire cette lettre avec l’humour qu’il convient, je vous joins un carton d’invitation pour la cérémonie des vœux de la Municipalité, le Vendredi 13 Janvier 2006 et je vous prie d’agréer Monsieur l’expression de mes sentiments distingués.

Le Maire,
Alain KELYOR

 



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