DOSSIER : Les lettres à l'opposition

Lettre à M. DAURIAC (05/09/07)

Date du document : 05 Septembre 2007

Monsieur Jean-Francis DAURIAC
Conseiller Municipal
Mairie d'Emerainville
77184 EMERAINVILLE

Emerainville, le 5 septembre 2007

Monsieur le Conseiller Municipal,

Mon attention a été attirée sur un article figurant sur votre blog, concernant le Conseil pour les Droits et Devoirs des Familles.

J’ai également écouté sur radio Vallée FM, votre intervention sur le même sujet.

Vos conclusions m’ont atterré.

En effet, je pense que tout élu fervent défenseur du système préventif, comme vous affirmez l’être, se serait réjoui de la mise en place de ce dispositif et aurait même éprouvé une fierté légitime si sa commune avait été précurseur en la matière, comme ce fut le cas.

En outre, je vous rappelle que vous vous êtes vous-même déclaré candidat pour y siéger !

Comment comprendre, quelques jours plus tard, votre revirement de discours et vos propos à la limite de la diffamation, d’une instance où vous vous êtes fait élire ?

Comme d’habitude vos interventions tant orales qu’écrites souffrent de trois défauts rédhibitoires :

1 - une méconnaissance du dossier traité
2 - une critique non constructive et un mépris pour toux ceux qui ne partagent pas vos idées
3 - une pensée politique, économique, sociale, figée et d’un autre temps

A Sur la méconnaissance du dossier « Conseil pour le Droit et Devoirs des Familles

Vous écrivez que « ce Conseil a été créé sans attendre les décrets d’application »
L’article L 141-1 de la loi relative à la prévention de la délinquance, n’a pas besoin de décret d’application, le seul décret prévu (celui qui fixe la liste des représentants de l’Etat, des collectivités territoriales, et des personnes œuvrant dans les domaines de l’action sociale, sanitaire et éducative, de l’insertion et de la prévention de la délinquance) est paru en Mai 2007.
Je vous rappelle que ce Conseil a été créé le 04 juin 2007 par le Conseil Municipal qui a désigné les membres élus le composant et que cette procédure n’était pas obligatoire le Maire pouvant en la matière décidé seul.


Vous écrivez, avec cette manie constante de personnalisation et cette envie de diaboliser l’adversaire que « des familles au complet sont venues répondre aux questions du Maire sur leur situation personnelle, leur mode de vie, leur façon d’élever leurs enfants ». Je me permets également de vous faire remarquer que ces familles sont venues de leur plein gré, et que rien ne les y obligeait.

Comme l’indique le compte rendu de la séance du 27 Juin 2007, tous les intervenants à l’exception de vous même ont posé des questions pour comprendre les deux jeunes concernés et trouver un remède à leurs problèmes.

B Sur le mépris de tous ceux qui ne partagent pas vos idées

Ce mépris que vous ressentiez pour vos adversaires politiques s’étend désormais à tous ceux qui travaillent, (fonctionnaires, entreprises, etc.…) pour la Mairie d’Emerainville.

Ainsi vous avez déclaré que
- les membres du Conseil n’avaient aucune compétence pour y siéger, ne respectaient pas la vie privée, avaient oublié leurs obligations de réserve et ne savaient pas de quoi ils parlaient.

- de toutes les façons, tout cela n’avait aucune importance puis qu’il n’y avait aucun suivi du dossier à la suite de la réunion.

Ces propos à la limite diffamatoires, claironnés sur une radio locale visaient les élus présents :
le Maire
l’Adjointe chargée de la politique de la ville
l’Adjoint chargé de la petite enfance
le Président du SCCE
L’Elue chargée de l’emploi

Mais aussi
Madame le commissaire de police et une stagiaire qui l’accompagnait
Madame Beaudry, fonctionnaire territoriale, responsable du CCAS
Monsieur ORIA fonctionnaire territorial, responsable de la jeunesse, des sports et du centre social St Exupéry
Monsieur COURTOIS fonctionnaire territorial, chef de la police municipale

et donc également les autres membres du Conseil, absents ce jour-là :

Monsieur le Préfet
Madame la Député
Le Directeur Départemental Jeunesse et Sports
L’Inspecteur d’Académie
Le Directeur Départemental des Affaires sociales et sanitaires
Pour ce qui est des compétences de Madame le commissaire de police, je vous laisse l’entière responsabilité de vos affirmations.

Pour ce qui concerne les salariés de la commune, votre refus d’implication dans la vie municipale depuis 2001, ne vous permet pas de connaître le travail, l’expérience, les compétences des personnes que vous insultez et que vous auriez à diriger si par malheur pour notre commune vous deveniez un jour, majoritaire politiquement. En me gardant bien de vous donner le moindre conseil, je pense qu’ils attendent de votre part des excuses légitimes et publiques, tout comme l’ont été vos déclarations.
Enfin pour ce qui concerne le suivi des dossiers examinés, les deux jeunes concernés sont inscrits à l’école de la deuxième chance à St Exupéry pour « parfaire » leur français parlé et écrit. Il leur est dispensé depuis le mois d’aout des cours à raison de 6 H par semaine.

Depuis la réunion, ils sont par ailleurs pris en charge par le Service Emploi.

C - sur votre pensée politique
Il est paradoxal que vous puissiez vous nommer, vous-même, à Emerainville, « homme de progrès », alors que vous refusez tout changement et niez la réalité des problèmes. Où est le progrès ? Ne serait-ce pas plutôt du conservatisme ?

Refuser toute mesure nouvelle pour le principe et parce que vous n’en êtes pas le décideur, n’a jamais constitué un programme politique crédible.

Sur la sécurité notamment, aucune des actions nouvelles (préventives ou répressives) initiées par la Mairie n’a trouvé grâce à vos yeux ni obtenu vos suffrages au Conseil Municipal :

La création d’un service de police municipale
L’installation du système de vidéo surveillance
La création du Conseil pour les Droits et Devoirs des Familles

Veuillez agréer, Monsieur le Conseiller Municipal, l’expression de mes sentiments distingués.

Le Maire,

Alain KELYOR