DOSSIER : Discours

HOMMAGE MORTS POUR LA FRANCE (5 DÉC 2012)

Date du document : 06 Décembre 2012

DISCOURS

 50 ans nous séparent désormais de ces dates douloureuses qui marquèrent le début et la fin d'affrontements tragiques où l'on vit les pays du Maghreb se détacher de la France pour écrire eux-mêmes leur propre destin.

1952-1958 :    7 années de lutte fratricide confortées par des gouvernements hésitants, ambigus et démissionnaires.

1959-1962 : 3 années pour rétablir dialogue et confiance et pour sortir honorablement le pays de cette crise majeure.

Au final dix années qui troublèrent les consciences, déchirèrent notre peuple et contraignirent des centaines de milliers de nos concitoyens à abandonner une terre où ils étaient nés, et à laquelle ils étaient profondément et charnellement attachés.

Dix longues années d'épreuves ont montré le courage des forces régulières et des formations supplétives, unies fraternellement dans les plis du drapeau français.

Intégrés à l'armée d'active, appuyés par les volontaires venus des villages d'Algérie, près de deux millions de jeunes appelés ont participé à ces engagements.

Soldats de métier, jeunes du contingent, Catholique et Musulmans ont défendu côte à côte les mêmes idéaux, ceux de la République et de la liberté.

De cette expérience-là, nul n'est revenu vraiment indemne.

Près de trois millions d'hommes l'ont vécue.

25 000 furent tués, soldats du contingent ou militaires d'active, officiers SAS, tirailleurs et spahis, légionnaires, cavaliers, parachutistes, aviateurs et marins, harkis.

Tous avaient rêvé d'une société plus fraternelle qui serait restée indissolublement liée à la France.

L'histoire devait en décider autrement, mais les sacrifices qu'ils ont consentis, la foi qui les a animés, il ne faut pas les oublier.

Ni la valeur de leur engagement, ni la noblesse de leur combat, ni le courage qu'ils ont déployé sous les armes, ne doit passer sous silence.

A cet hommage que nous dictent le respect, l'admiration et la reconnaissance, nous joindrons aussi celui que nous devons à tous ceux et à toutes celles qui ont contribué à la grandeur de notre pays en incarnant l'oeuvre civilisatrice de la France.

En effet, nous ne saurions oublier que ces soldats furent avant tout des hommes et des femmes pionniers, bâtisseurs, administrateurs de talent, qui mirent leur courage, leur capacité et leur coeur à construire des routes et des villages, à ouvrir des écoles, des dispensaires, des hôpitaux, à faire produire à la terre ce qu'elle avait de meilleur ; en un mot, à lutter contre la maladie, la faim, la misère et la violence.

Aussi, plus de cinquante ans après le retour en métropole de ces Français, il convenait de rappeler l'importance et la richesse de l'oeuvre qu’ils avaient accompli là-bas.

Que justice soit enfin rendue à leur honneur de soldat, à leur loyauté et à leur patriotisme !

Que leur dignité d'hommes libres dans un pays libre soit enfin reconnue !

Aujourd'hui, avec solennité, la majorité municipale d’Emerainville rend hommage à celles et à ceux qui ont tout donné pour la patrie.

Avec solennité, témoignons notre gratitude à celles et à ceux qui l'ont servie avec fierté, avec courage, avec abnégation.

Ce n’est pas sur l’oubli que se construisent la réconciliation et l’apaisement,

C’est sur la mémoire, le souvenir, le respect et le dialogue des peuples.

Honneur aux Harkis !

Honneur aux combattants morts pour la France !

Honneur à toutes celles et à tous ceux qui, par leur fidélité et leurs sacrifices, ont mérité la reconnaissance de la Patrie !

 

Je rappelle que sur 1 500 000 anciens combattants d'AFN, 300 000 sont pour commémorer la fin de la guerre le 19 mars, 200 000 ne se prononcent pas et que 1 000 000 sont pour conserver la date du 5 décembre.

C'est pour cette raison que diverses associations d'anciens combattants ont demandé au Conseil Constitutionnel de ne pas reconnaître une autre date.