DOSSIER : Gens du voyage

Lettre à la direction de la sécurité de la RATP (2)

Date du document : 03 Août 2012

Monsieur Jean- Marc NOVARRO
Commissaire divisionnaire
Direction de la sécurité de la RATP
191, rue de Bercy
75012 PARIS

 

Emerainville, le 3 aout 2012

 

 

Monsieur,

 

J’ai bien reçu votre lettre du 31 juillet (en réponse à mon courrier du 4 juillet) qui a retenu toute mon attention et qui appelle de ma part les remarques suivantes :

1°) J’ai pris bonne note qu’afin d’éviter des incidents d’exploitation, vos machinistes devaient prendre en charge des groupes d’individus qui refusent d’acquitter leur titre de transport.

Lors d’une prochaine réunion avec mes administrés, je leur communiquerai cette information et je pense que désormais, logiquement, eux aussi utiliseront la même méthode !

2°) Vous m’indiquez « qu’entre le 20 et 28 juin (soit pendant une semaine environ), des opérations coordonnées avec la police nationale et municipale, la sécurité SNCF et de la RATP, le contrôle de la SNCF et de la RATP, ont permis un suivi quotidien du secteur entre 16 et 18h et 19h30 et 21h ».

Ma lettre du 4 juillet faisait suite à une réunion avec mes administrés en date du 29 juin. Je vous indiquais que

  1. les dysfonctionnements constatés par vos usagers duraient depuis 4 mois
  2. les heures les plus sensibles étaient aux alentours de 7 h du matin
  3. c’est moi qui ai demandé à la police municipale d’Emerainville d’être présente aux arrêts situés sur la commune

Mes administrés n’avaient donc remarqué aucune action de vos services, pas plus que de la police nationale. D’ailleurs, le commissaire de Noisiel, présent à cette réunion paraissait ignorer la situation et je suppose que la réunion à laquelle vous faites allusion y a fait suite.

3°) je regrette de n’avoir pas été convié à cette réunion fin juin, car j’aurais aimé rencontrer « le directeur et le responsable prévention du centre bus de Bords de Marne, ainsi que le correspondant local prévention du département sécurité de la RATP»  dont j’ignorais l’existence.

4°) L’évacuation des Roms (environ 15 jours avant votre réponse), a été déclenchée essentiellement grâce à l’action de la population d’Emerainville, des entreprises et de la Municipalité (envoi de pétitions de 500 signatures, une dizaine de courriers aux instances concernées, etc…)

En conclusion, je ne crois pas, sérieusement, que la RATP ait été particulièrement active pour résoudre cette affaire ni qu’elle soit pour grand-chose dans le retour à une situation satisfaisante et je suis choqué qu’elle s’en attribue la paternité.

5°) J’attire votre attention sur l’absence de collaboration entre vos services et la commune. En effet, si vos usagers ne savent, en majorité, ni où ni à qui écrire et que leurs courriers, mal orientés se perdent souvent dans les méandres de l’administration, ils ont toujours recours à la Mairie, première instance de proximité.

Nous sommes donc les plus à même de juger, sur le terrain, de la situation. Cette malheureuse affaire en est sans doute l’illustration la plus parfaite :

 

- pour vous, il a suffit d’une attention particulière pendant 8 jours (alors que la situation datait de 4 mois)

- grâce à une réunion entre « personnes autorisées », tout aurait été résolu alors qu’en réalité, cela a donné lieu à des pétitions, des appels téléphoniques à la préfecture, à la mobilisation d’une centaine d’entreprises, etc….

- pour vous toujours, les problèmes avaient lieu à partir de 16 h alors que vos usagers craignaient pour leur sécurité à 7h du matin,

- etc…

Je comprends parfaitement que n’étant pas « sur le terrain », vous puissiez ignorer ce genre de « détails », mais je vous invite, dans l’avenir, à vous rapprocher de la Municipalité qui pourra vous fournir tous renseignements utiles pour diriger votre action.

6°) J’aimerais pour conclure attirer votre attention sur « le ras-le-bol » des citoyens lorsqu’ils s’entendent répondre que la direction accepte de ne pas faire payer certaines  personnes, puisque le coût de ces fraudes, pour la RATP, est obligatoirement reporté sur le coût du titre de transport de ceux qui s’en acquittent ou sur le contribuable.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

 Le Maire,

Alain KELYOR