DOSSIER : Gens du voyage

Lettre au Préfet de Seine et Marne - Occupation illégale gens du voyage

Date du document : 28 Mars 2012

Monsieur Pierre MONZANI
Préfet de Seine et Marne
Préfecture de Seine et Marne
12 rue des Saints-Pères
77010 MELUN CEDEX

N/REF AK/CM

Emerainville, le 28 mars 2012

 

Monsieur le Préfet,

C’est avec regret que je me dois de revenir sur l’objet de mes lettres du 23 aout et 1er septembre 2011, concernant l’occupation illégale de la Plaine de Gibraltar (à Champs sur Marne, en limite d’Emerainville qui en subit les nuisances afférentes), par un camp de gens du voyage.

Comme vous aviez pu le constater lors de votre visite du 8 juillet 2011, le camp est sauvage, dénué de toute installation sanitaire, et surtout totalement incontrôlé.

Outre l’aspect « humain » du problème, il est évident qu’il semble invraisemblable aux Emerainvillois, que l’Etat (l’Epamarne en l’occurrence) soit dans l’incapacité de faire respecter la loi sur ses terrains.

Force est de constater que loin de s’améliorer (malgré diverses promesses jamais tenues), la situation a encore empiré ces derniers mois.

En effet, derrière ce camp est venu se greffer un camp de Roms, composé d’environ 150 personnes, qui envahissent le quartier de Malnoue de ma commune.

Ce campement, dans les bois, est composé de cahutes et de bâches et des arbres ont été abattus pour permettre le passage de véhicules.

Sur Emerainville, plusieurs cambriolages ont eu lieu, d’autres ont été avortés et la police municipale est contrainte de faire la chasse aux mendiants.

Certains ont même tenté de s’installer sur le territoire d’Emerainville, en déclarant à la police municipale « qu’ils ne pouvaient plus payer aux occupants du camp de la plaine de Gibraltar la somme de 150€ par personne et par mois, au titre du droit du sol » !

En outre, au cours des derniers week-ends, et malgré la pollution, tous les habitants d’Emerainville ont pu déplorer l’émission d’énormes colonnes de fumées noires et denses en provenant de ce camp. La police nationale, avisée par la police municipale d’Emerainville, n’est pas intervenue avant l’extinction des foyers.

Vous comprendrez, j’en suis certain,  notre désarroi, notre sentiment d’impuissance mais également notre exaspération.

Aussi, je vous informe que, lassé d’attendre une solution amiable à une situation qui, j’en conviens, ne posent de problèmes qu’à une petite commune de 7 500 habitants (et ne semble pas émouvoir la ville de Champs sur Marne qui n’en subit aucune conséquence), j’ai décidé d’engager une procédure contre l’Epamarne.

Croyez bien que je regrette très sincèrement d’être contraint d’en arriver à de tels procédés, mais mon rôle consiste à protéger et faire respecter les droits les plus élémentaires de mes administrés qui, en cette période électorale, ont le sentiment d’être ignorés et même méprisés.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mes sentiments les plus respectueux.

Le Maire

Alain KELYOR