DOSSIER : Intercommunalité

Lettre à M. RICART (18/07/05)

Date du document : 18 Juillet 2005

Monsieur Michel RICART
Président du SAN
5, place de l’arche Guédon

77200 TORCY

N/REF. AK/CM
Emerainville, le 18 juillet 2005


Monsieur le Président,


Les élus d’Emerainville ont pris connaissance du compte-rendu du comité de pilotage du PLH du 16 juin 2005.

Le projet de diagnostic est à lui seul un véritable constat d’échec de celles et ceux qui sont responsables de la gestion de la Ville Nouvelle depuis sa création.

A ce sujet, il est inutile que le SAN nous réponde que la faute en incombe à l’EPAMARNE et inversement, puisque les élus qui siègent dans ces deux instances sont les mêmes !

Les arguments développés dans ce projet de diagnostic sont des La Palissades ou des évidences, dont nous avons relevé quelques exemples :

- les enfants grandissent et les adultes vieillissent. Vos urbanistes ne l’avaient pas prévu ?
- « l’enclavement des quartiers, la juxtaposition d’opérations architecturales et la confeption du bâti produisent un effet de disqualification se diffusant au-delà du quartier » Encore une erreur des urbanistes ?
- « la sous-représentation des petits logements et du parc locatif privé »
- « le besoin important de réhabilitation du fait d’un veillissement des logements qui ont été produits massivement sur une courte période » A qui revenait le choix des matériaux et des fournisseurs ?
- « l’essentiel des familles en difficulté est logé au Val Maubuée » Pourquoi ? Si l’urbanisation avait été de qualité, elle aurait attiré une autre population. Ce mauvais choix est-il la résultante d’angélisme, de choix politique, de refus de la réalité ?

En conclusion, le SAN et l’EPAMARNE, à travers ce projet de diagnostic font leur auto-critique et on voudrait nous faire croire que les mêmes vont désormais pallier leurs carences de 20 ans ?

Selon les textes, établir un PLH c’est bâtir un projet d’agglomération qui mette en cohérence le développement de l’habitat, des équipements, des infrastructures et qui permette de planifier les investissements nécessaires. N’est-ce pas ce qui aurait dû être fait depuis le début de l’urbanisation ?

Nous doutons d’ailleurs de la prise de conscience réelle des problèmes par les élus à l’EPAMARNE ou au SAN.

Depuis des années et sans qu’il ait été nécessaire de faire un projet de diagnostic, nous savons que la commune d’Emerainville a un besoin urgent d’une crèche et d’une bibliothèque due par le SAN.
Nous savons, et tous les habitants de la région le savent, que la circulation automobile y est dramatique puisqu’une seule route (à 2 voies) traverse le bourg et une seule route (à 2 voies) relie les 2 poles de la ville.


…/…
On pouvait donc imaginer que le SAN et l’EPAMARNE auraient à cœur d’appliquer les bonnes résolutions contenues dans le projet qui nous est soumis puisque désormais ils sont conscients du problème.

Or que tentent-ils de nous imposer : une nouvelle zone d’urbanisation supplémentaire qui augmenterait encore les difficultés, sans proposer la moindre trace de solution aux problèmes déjà existants, et qui aurait pour seul avantage de rapporter de la taxe professionnelle au SAN afin de lui permettre de faire face à ses dépenses.

Nous allons devoir financer une fois de plus, sur les deniers du contribuable, un énième diagnostic (spécialité locale) qui ne fera que constater ce que tout le monde peut voir tous les jours.

Puis nous aurons droit à l’exposé des orientations stratégiques (un ensemble de bonnes intentions) pour finir par un programme d’actions et de suivi, sans connaître, bien sur, les financements disponibles qui n’existent peut être même pas !

Entre temps, et périodiquement, nous serons convoqués à des grandes messes, sous l’égide de groupes de travail, de comités de suivi et autres instances d’observation, dont, je pense, vous aurez la présidence.

L’ensemble du dispositif coutera une petite fortune et ne servira qu’à mettre en lumière les problèmes que le SAN et l’EPAMARNE ont créés.

Le constat est pourtant d’une simplicité biblique : l’urbanisation du Val Maubuée est un échec complet. Elle est dûe aux élus qui sont au SAN et au Conseil d’administration de l’EPAMARNE. Rien ne changera, PLH ou pas, tant qu’ils y seront.


Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués.


Le Maire,


Alain KELYOR