DOSSIER : Intercommunalité

Lettre à M. RICART (03/06/04)

Date du document : 03 Juin 2004

Monsieur Michel RICART
Président du SAN DU VAL MAUBEE
5, place de l’arche Guédon

77200 TORCY

Emerainville, le 3 juin 2004

Monsieur le Président,

Permettez moi tout d'abord de vous présenter mes excuses pour mon absence lors du dernier conseil syndical car, n' étant pas un professionnel de la politique, j' exerce également un métier qui m'impose certaines contraintes, et qui m'interdit d’être partout à la fois.
Les élus d'Emerainville présents à ce conseil syndical m'ont relaté un certain nombre d'attaques personnelles qui ont eu lieu contre moi et qui m'ont laissé perplexe.

Tout me porte à croire que les élus de gauche du SAN, sans doute grisés par le succès électoral n'ont plus de limites dans leur mépris pour leurs adversaires politiques.

Depuis 1995, les élus d'Emerainville n'ont pas cessé de dénoncer la dérive politique du SAN qui n'a jamais représenté les 6 communes le composant, et qui est devenu "un machin" dans lequel un parti dominant (le PS) impose sa volonté et règle secondairement ses comptes avec le parti "frère" (le PC)
Aucune vice-présidence, aucun délégué au SIARL, aucune nomination dans les associations qui perçoivent des subventions importantes du SAN pour les élus d'Emerainville et de Croissy Beaubourg. Cette situation est scandaleuse et anti-démocratique.

Ainsi vous venez encore une fois de refuser aux représentants des deux communes ci dessus mentionnées 2 postes (sur 6) au conseil d'administration de l'EPAMARNE interdisant la juste représentativité des 6 communes du Val Maubuée auprès de cet organisme, comme peut le laisser supposer une lecture des textes légaux.
Vous comprendrez que dans ces conditions une collaboration fructueuse, voire une opposition constructive soit impossible.

Nonobstant, votre boulimie de mandats et votre refus de toute collaboration réelle , nous étudions les dossiers qui nous sont présentés avec les documents que vous voulez bien nous transmettre.


Ainsi et pour exemple, nous avons :
Sur le plan financier,
depuis de longues années, contesté, sous les lazzis et les quolibets des élus de gauche, la régularité et la sincérité des budgets qui nous ont été présentés
La chambre régionale des comptes nous a donné raison récemment.
Le budget 2004 ne nous parait pas sincère, des diminutions de frais ne s'expliquent pas et les informations complémentaires que nous avons réclamées par écrit ne nous sont jamais parvenues.
Il en est de même du reste pour les demandes que nous avons faites sur certaines associations qui perçoivent des subventions du SAN.
Les budgets traduisent une volonté politique et nous nous posons par exemple les questions suivantes :
1 - Est-il normal que la construction de la bibliothèque et de la crèche d'Emerainville soit repoussée d'année en année alors que, par exemple l'association"Centre d'art contemporain" perçoit annuellement une subvention supérieure à 1 700 000 € (plus de 11 000 000 de francs)
Cette association dont le rayonnement est plus que limité est gérée par un CA dans lequel ne figure évidemment aucun élu d'Emerainville et de croissy.
2 - Qui décide de l'ordre de réalisations des investissements nécessaires à nos villes (et selon quel critère)
3 Est il normal que les élus d'Emerainville n'aient aucun pouvoir de décisions , ni information en la matière ?

sur le plan de l'urbanisme
contesté l'urbanisme qui nous a été imposée dans le Val Maubuée et qui aboutit aujourd'hui à une impasse matérialisée par le contrat de ville qui constate qu'il faut notamment :
renforcer la cohésion social
maîtriser le peuplement et mettre en oeuvre une gestion urbaine de proximité
faciliter l'accès à l'emploi
renforcer la prévention et la sécurité
Quel constat d'échec !
N'est-il pas aberrant alors que tout est pratiquement construit sur le Val Maubuée de se soucier, maintenant, du plan de circulation urbain.?
Le San et l'Epamarne n'auraient-ils pas dû se poser le question AVANT de construire ?

De plus la commune d'Emerainville a été la seule à ce jour, à apporter sa contribution à ce plan dont la réalisation dépend du SAN et qui végète depuis bien trop longtemps

sur la rétrocession des bâtiments d'utilité communale construit par le SAN
Nous avons contesté, non le principe (il est normal que ces bâtiments deviennent propriété des villes puisqu'ils ont été financés par des impôts locaux des entreprises implantées sur ces communes) mais la méthode d'évaluation proposée qui coûte très cher à la collectivité et aboutira nécessairement à des résultats théoriques éloignés de la réalité.
Nous aurons terminé prochainement notre propre évaluation.

Par contre, nous nous posions la question du financement des réparations futures de ces bâtiments.

Le SAN ou tout autre collectivité qui l’aura remplacé augmentera-t-il ses dotations aux communes ? Abandonnera-t-il une partie de la taxe professionnelle ?
Nous n’avons toujours pas de réponse à ces questions.
Comme vous pouvez le constatez, les élus d'Emerainville ne sont pas inactifs même s'ils ne sont pas écoutés par votre majorité

L'intercommunalité telle que vous la pratiquez, ne sert en rien les 6 communes. Elle politise « outrancierement » les problèmes communaux, crée une structure supplémentaire qui coûte très cher et qui est mal perçue par les habitants qui ne savent plus qui fait quoi.
Croyez que je regrette profondément cet état de fait qui bafoue toutes les règles élémentaires de la démocratie directe.

J'espère que les attaques personnelles ne se reproduiront plus désormais. et j'attire votre attention sur deux points que vous n'avez sans doute pas remarqué :
1 Que la qualité du travail n'est pas nécessairement proportionnelle au nombre d'heures de présence (surtout dans des réunions ou tout est décidé avant les votes)

2 Le travail à Emerainville est le fait d'un groupe solidaire, qui se réunit plusieurs fois par semaine.
Cette organisation qui semble ne pas être très usitée dans le Val Maubuée permet à chaque membre de l'équipe de connaître la teneur de toutes les réunions qu'il y soit présent ou non
Le 13 Mai, j'ai préparé le conseil syndical avec mes élus, nous nous sommes fixé une ligne de conduite, et le lendemain j'avais un rapport complet de la séance et de vos démêlés avec les communistes.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.
Le Maire,

Alain KELYOR